Dimanche 11 mai 2008

Hub


Un boeing s'encastre dans un terminal comme un caddie dans un autre caddie.


Ce pourrait être n’importe où sur la Terre.

 

Ce qui change, ce sont les yeux bridés, et encore…

 

Dans la boutique Bulgari, j’entends dire :

 

- Mah si, dai, questa qua me la compro, costa meno di quanto costi a Milano.

 

Dans la boutique Givenchy, une question :

 

- C’est vrai, tu trouves que j’ai encore plus de rides qu’avant ?


Devant la mercedes lustrée brillant de mille étincelles, une remarque :

 

- Tja, fahren doch schneller mit dem Flugzeug zurück nach Frankfurt!

 

Et dans le magasin de sport Umbro, un regret :

 

- Wish the team will do better now with Fabio Cappello.

 

Cet univers de Babel, c’est le Hub de Singapour, sorte de caravansérail ultramondialisé des temps modernes. L’illusion que les gens du monde entier puissent être rassemblés par le voyage à bas prix et les achats duty free.

 

Trois heures plus tard, l’avion parti du Hub survole le Myanmar, qui vient d'être dévasté par un cyclone meurtrier.

 

Deux heures plus tard, Calcutta.

 

Dans l'avion, everybody sleeps, tutti dormono, tout le monde dort, alles schläft.

par Hajj
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Dimanche 11 mai 2008

Douze ans que je rêvais de les mettre ensemble.


Quand je vis pour la première fois la Déposition du Caravage, je pensai curieusement à l’Opéra de Sydney.

 

 

 

 

 

Je me promis d’aller, un jour, à l’autre bout de la Terre, pour m’assurer de cette étrange ressemblance.

 

 

Je n’ai pas été déçu. J’ai retrouvé ces vagues d’océan qui s’abattent sur une plage. Ce mouvement articulé descendant du ciel vers la terre. La sainteté, et l’universalité de l’Art.

 

Et le bonheur de boucler une boucle.



Reproduction: Michelangelo Merisi da Caravaggio, Déposition du Christ (1602-1604), Rome, Musei Vaticani.

par Hajj publié dans : Australie
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Mardi 6 mai 2008
Musée de l'immigration de Melbourne: combien de récits, de gravures, de reconstitutions de ces coquilles de noix qui traversaient les océans et les rugissants pour rejoindre l'Australie il y a un siècle à peine.

C'est un moindre mal, aujourd'hui, si la progression rapide du petit avion sur la carte du monde est interrompue par l'annonce du dîner, ou d'une vague turbulence.

par Hajj publié dans : Australie
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Jeudi 24 avril 2008
Trois mois sont passés et l'arrivée sous la neige me paraît bien lointaine.

J'écrirais différemment aujourd'hui ces premières impressions, mais précisément, ce ne seront plus jamais les premières.

Bien des gens m'ont touché: Abdellatif, Mehdi, l'homme du restaurant, et je continue de poursuivre l'homme-clé.

Et puis, il y a les amis d'ici. C'est bête qu'on se mette pas plus ensemble pour créer quelque chose, il y aurait tellement à faire. Mais c'est là peut-être une des leçons de Palestine: les choses prennent forme un jour, attirent l'enthousiasme, motivent, et puis demain elles retombent dans l'anonymat.

Ces espoirs presque quotidiens, les idées, les projets, c'est ce qui fait tenir bien des choses ici, y compris nos vies d'étrangers dont le privilège est de toujours pouvoir partir.

Tout est dans l'éphèmère, qui ne veut dire ni léger, ni désespéré, mais comprend une dimension de rêve, de printemps, de vie, et de confiance en elle.

Partir, enfin, est une occasion pour se détacher de qui on aime, pour mieux se retrouver ensuite, avec des yeux et un coeur neufs, un désir renouvelé.
par Hajj
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