[mahsoum], [mahasim]

Tous les pays du Moyen-Orient, ainsi que les puissances occupantes, ont fait du check point un élément incontournable de leur infrastructure.

 

J’ai dû en passer des centaines : check points en Syrie autour des quartiers riches de Damas, en Jordanie sur la route d’Umm Qais et dans la vallée du Jourdain, check points au Koweit au moment de la guerre en Irak, en Irak défendus par de jeunes américains paniqués, au Kurdistan entre les deux régions kurdes, en Egypte sur la routes des sites archéologiques.

 

En Palestine, c’est la passion du check point - mahsoum en hébreu. Quand il s’agit de décrire les emmerdes, les Palestiniens parlent volontiers hébreu. Dans la langue, le check point s’insère comme un lapsus pour exprimer les abus du Surmoi.

 

Il en va des check points comme d’autres appendices du pouvoir : il y en a des p’tits, des gros, des longs, des courts, des épineux et des lisses, des bosselés et des planes. Ils sont volants ou bien installés dans leurs calcifs. L’érection d’un check point est signe que ça chauffe ; une incursion intempestive est perçue comme un viol.

 

Je retrouve ici, au niveau d’un peuple entier, un des éléments les plus pervers de la condition de prisonnier. La barrière, le verrou, le mur, la fouille, le contrôle d’abord suscitent en toi la révolte. Ensuite, tu les intériorises, les intègres dans ta réalité et cherches des moyens de les accepter. Enfin, tu trouves ça normal.

 

A ce stade ultime, tu es vraiment condamné. Tes rêves de liberté se heurteront aux check points qu’on a patiemment érigés dans ta tête. La vie, l’Etat que tu construiras reproduiront à l’infini le schéma qu’on a imprimé dans ton esprit.


C'est le moment qu'ils choisiront pour te libérer. 

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