Pour toi



La carte des Nations Unies tachetée de colonies

Les cartes d’identité fourrées dans les poches des chemises

Les capots des services drapés de bas résille

Les aspects du conflit qui méritent encore analyse.

 

Souvenirs du camp de Yarmouk

Fragmentés entre joie, chaos et douleur

Bradés à trop bon prix, à l’étalage des souks

Rachetés à prix d’or pour arrêter les pleurs.

 

Je n’ai toujours pas réussi à te dire que je suis là

Peut-être le sais-tu, peut-être pas

Que tu t’appelles Leila ou qui sait, Khaula

La chance de parler ta langue est ce que je te dois.

 

Je n’ai jamais prononcé un mot sans penser à toi

Traversé de murs sans entendre ta voix

Visité de prison sans avoir tes migraines

Autant envié ta liberté que jamais rien ne freine.

 

Te souviens-tu comme elle nous paraissait lointaine ?

Au temps du brouillard, des incursions à Jénine

Des sit-in devant dieu sait quelle mission européenne

Comme tu nous semblais lointaine, Palestine.

 

Au moment de partir je t’abandonne ces mots

Pour te dire qu’il vit ton pays, qu’il est beau

D’une main tremblante tu les caresseras un jour

Comme un aveugle relit une lettre d’amour.

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