Neige à Ramallah

Alors on prend les mêmes et on recommence : me revoilà au Moyen-Orient après une parenthèse de plus de deux ans. Cette fois, c'est la Palestine qui m'accueille avec une surprise : neige, chaos et incompréhension, vagues tentatives de déblayer les routes, batailles de boules de neige...

 

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En venant de Jérusalem, Ramallah s'ouvre soudain, juste après un dernier check point, au regard médusé, retenant son souffle, coincée entre un grand ravin et l'autre fameux, Lamentable mur. Tout d'un coup une étincelle de vie, un chat qui traverse la route, affolé, des jeunes qui errent le long de la route, qui concassent des cristaux de neige et les balancent dans les étoiles.

De tous les peuples de la région rencontrés, les Palestiniens sont les plus tristes. Ils ont un sourire qui s'arrête là où leur détresse commence, c'est-à-dire tout de suite. La géographie déchiquetée de la terre, les barbelés, partout, les étouffent, comme cette corde sur laquelle ils ont si longtemps tiré et qui, à chaque fois qu'ils s'attendaient à ce que l'autre finisse par lâcher, leur entrait toujours un peu plus dans la chair.

Mais Ramallah vit : dans la rue, le désordre savamment ordennancé, l'achat jamais acquis et l'acquis pas toujours acheté, le petit univers du marché ouvert où tout est possible pourvu qu'on déchiffre assez vite tous les codes. Un magasin de sport appelé Pelé. De vieux billets de banque de 1943, en anglais, hébreu et arabe. Un grossiste qui va me débrouiller une cafetière italienne dans les dix jours, promis. In cha'allah, on verra bien. Quelqu'un a peint : « Control+Alt+Delete » sur le mur.

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Deux jeunes soldats israéliens, une jolie fille et un mecton musculeux, se prennent dans les bras en souriant au moment où je passe le check point. Leurs carabines se touchent. Allez, ils sont beaux eux aussi.

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