Aucune nuit n'est infinie



On se plaît presque à rêver que tout ceci ne soit au fond que la fin d’une
nuit commencée par un traumatisme, en 2001, et jalonnée par la suite d’une série infinie de cauchemards;

 

Que tout ceci ne soit que la fin d’une folle embardée à bord de votre train de nuit: on your right la baie de Gantanaumo, on your left le Kyber Pass, devant vous le Shatt el-Arab, à l'horizon, Gaza: si vous criez au-secours! les menottes se resserreront autour de vos poignets ;

 

Que tout ceci marque la fin de votre culture de la haine, du sang et de la torture, qui depuis plus de sept ans (c’est maintenant plus que la Deuxième Guerre mondiale !) s’est infiltrée dans nos systèmes, dans nos veines, plus totalement qu’elle ne put le faire auparavant, quand la satisfaction immédiate de nos pulsions malsaines n’était pas à portée de clic, 24h/24 et en Prime Time;

 

On se plaît presque à rêver qu’au bout de votre nuit obscure de sept ans se dresse devant vous, criminels qui avez hanté les plus belles années de notre vie, la statue du Commandeur Black, annonciateur de l’aube et de la fin de vos ricanements ;  

 

On se plaît presque à rêver que ceux qui riront, dès l’aube, ce seront tous ces jeunes à qui vous avez fait perdre dix ans, vingt ans, la vie, en les détenant, en les bombardant, sans aucune justification ;

 

On se plaît presque à rêver. En attendant: serre-moi fort, car aucune nuit n'est infinie.


Illustration: Battuta, Play Estacìon, Lavapiès, Madrid, Automne 2007
Musique: Renato Zero, I migliori anni della nostra vita, Prometeo, 1995
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