Retour furtif de l'homme-clé
Quatre mois plus tard, l'homme-clé m'est réapparu.Furtivement, derrière un abat-jour de plage.
Comme jadis, la flamme de la bougie avait déjà entamé le voile.
J'étais sur le point de me saisir de l'abat-jour pour en faire un transatlantique de papier.
Pour te l'offrir.
Pour te remercier.
Pour te dire qu'en ces jours rien d'autre n'a compté.
Mais ta présence était déjà souvenir.
Ta peau déjà tissu.
Que la flamme brûlerait, que les vagues éteindraient.
Et transporteraient, loin.
J'aurais voulu retenir l'homme-clé, ne pas le laisser s'échapper à nouveau.
Déjà la mer se retirait, quelqu'un nettoyait la plage déserte, et doucement, repliait l'abat-jour.
En se refermant mes paupières conservaient le sel, et offraient l'eau au vent du soir.
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