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  • : 05/02/2008

Portraits

Mercredi 18 février 2009
Je pense à Tayyeb Salih / Mahmoud Saïd qui, depuis la fenêtre de sa maison soudanaise plonge sa main dans le basalte liquide du Nil en crue, avant de descendre son cours pour rejoindre le Caire, puis Londres, une fois venue la Saison de la migration vers le Nord.

A notre rencontre de 1998, quand il nous fit la lecture de scènes
qu'on lui reprocha d'être obscènes.

On a parfois mis en perspective la Saison de la migration vers le Nord avec
Au coeur des ténèbres
de Joseph Conrad.

L'Au secours, au-secours! du héros de Salih au moment de se noyer dans le Nil
avec l'horreur, l'horreur! de Kurtz dans le livre de Conrad.

Colonisation et aliénation. En sommes-nous sortis?

Salih n'est plus là pour nous jurer que non.
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Dimanche 16 novembre 2008


Très chouette série "Ensemble?" sur le blog courirlesrues
qui présente des photos avec, à chaque fois, deux personnes ou figures capturées dans un moment insolite. Curieusement, ça m'a ramené à cet automne d'il y a un an, à ces quelques couples croisés à Paris, puis à d'autres rencontrés en voyage.

Petit flash-back en images ici.

Soupir.
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Mardi 4 novembre 2008

"She was savage and suberp, wild-eyed and magnificent; there was something ominous and stately in her deliberate progress. And in the hush that had fallen suddenly upon the whole sorrowful land, the immense wilderness, the colossal body of the fecund and mysterious life seemed to look at her, pensive, as though it had been looking at the image of its own tenebrous and passionate soul.

[...] Her face had a tragic and fierce aspect of wild sorrow and of dumb pain mingled with the fear of some struggling, half-shaped resolve. She stood looking at us without a stir, and like the wilderness itself, with an air of brooding over an inscrutable purpose [...]. She looked at us all as if her life had depended upon the unswering steadiness of her glance."


From: Joseph Conrad, Heart of Darkness, Penguin Books, 1995, p. 99.
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Mardi 4 novembre 2008


Sous l'oeil de Frau Maria, sur la Schönhauser Allee, les deux portraits-robot, celui du Charpentier et celui de Joseph, tous deux en fuite, se sont trouvés réunifiés et balancés là, icônes servies au regard de tous, comme s'il s'agissait de malapris ou de vulgaires Barabas qu'on n'échangerait même pas pour des voleurs de poules, ou dont Andy Warhol lui-même se demanderait s'il trouverait au fond de lui la générosité et l'humanité nécessaires pour les planquer dans son loft à célébrités, entre le boeuf et l'âne gris...
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