Dimanche 11 mai 2008

Douze ans que je rêvais de les mettre ensemble.


Quand je vis pour la première fois la Déposition du Caravage, je pensai curieusement à l’Opéra de Sydney.

 

 

 

 

 

Je me promis d’aller, un jour, à l’autre bout de la Terre, pour m’assurer de cette étrange ressemblance.

 

 

Je n’ai pas été déçu. J’ai retrouvé ces vagues d’océan qui s’abattent sur une plage. Ce mouvement articulé descendant du ciel vers la terre. La sainteté, et l’universalité de l’Art.

 

Et le bonheur de boucler une boucle.



Reproduction: Michelangelo Merisi da Caravaggio, Déposition du Christ (1602-1604), Rome, Musei Vaticani.

par Hajj publié dans : Australie
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Mardi 6 mai 2008
Musée de l'immigration de Melbourne: combien de récits, de gravures, de reconstitutions de ces coquilles de noix qui traversaient les océans et les rugissants pour rejoindre l'Australie il y a un siècle à peine.

C'est un moindre mal, aujourd'hui, si la progression rapide du petit avion sur la carte du monde est interrompue par l'annonce du dîner, ou d'une vague turbulence.

par Hajj publié dans : Australie
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Jeudi 14 février 2008

Côte sud-ouest de la Tasmanie.

 

Tout, ici, est protégé : la lande hérissonne, les perroquets au ventre orange, les filaments d'araignées, les demi-lunes de sable blanc, les rivières couleur de thé. Patrimoines de l’Humanité.

 Prion-Beach.JPG

Marcher sur le Sentier de la Côte Sud pour nous c’était comme entrer dans un musée de porcelaine avec des sacs à dos de 25kg. Chaque pas soupesé, chaque regard attentif, chaque geste réfléchi.

 

Les mouettes n’ont pas appris à se méfier : elles viennent jouer avec nous sur la crête des vagues, et nous désapprenons à nous méfier des vagues.

 

Un poisson sculpté dans la roche. Tu ne crois pas ? Et là, ces coquillages empilés dans le fond d’une grotte. La mer, c’est la mer qui les a amenés là. Tu vois ce dont elle est capable !

 

Pourtant, au bord de Louisa River, le même sentiment me gagne : quelqu’un nous observe. Je marche pieds nus sur les galets. J’y vois des signes. Fossiles ? L’eau s’écoule doucement, s’écoule.

 

Nous repartons. Nous y parviendrons, au bout de ce sentier merveilleux : Melaleuca, Coxbight, Louisa River, Ironbound, Deadman’s Bay, Prion Beach, Surprise Bay, Granite Beach, Cockle Creek, 82 kilomètres de pure nature. Pure ?

 

Combien de fois n’avons-nous pas cru entendre quelqu’un marcher derrière nous ?

Fredonner une chanson ?

S’enfuir ?

 

Nous rêvions. Et s’il en restait quelques-uns, cachés depuis tout ce temps-là dans la forêt. Les prendrais-je en photo ? Nous attaqueraient-ils ?
 

 

IMG_7431.JPG


La réalité est qu’ils ont tous disparu.

C’était pour nous, difficile à imaginer : plus personne pour écouter le vent, pour se lancer à la
mer, pour empiler les coquillages et graver des poissons dans la roche.

 




Les peuples aborigènes ont vécu le long de la côte sud de la Tasmanie pendant quarante mille ans. Il a suffi de cinquante ans pour les en faire disparaître.

 
Le premier ministre australien vient de leur dire sorry.

P.S. Ecouter la chronique de Serge Lachat (RSR2) sur la représentation filmographique de la question aborigène.

par Hajj Nicolas publié dans : Australie
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