Jindabyne

Publié le par battuta

Une autre histoire de barrage, cette fois en Australie, à Jindabyne, petite ville tranquille sise dans les contreforts des montagnes neigeuses entre les Etats de Victoria et Nouvelle Galles du Sud.


Inspiré par le recueil de Raymond Carver, What We Talk About When We Talk About Love (1981), et surtout sa nouvelle So Much Water So Close To Home, le film Jindabyne de Ray Lawrence (2006) raconte le drame australien à travers l'histoire d'une jeune aborigène retrouvée morte dans le lit d'une rivière par un groupe de pêcheurs.


Plutôt que d'alerter la police immédiatement, les pêcheurs attendent de finir leur week-end entre potes avant de rentrer à Jindabyne et d'annoncer la découverte du corps.


Scandalisée, la ville et sa petite société arriérée et moraliste s'enfonce dans un mutisme qui fait remonter à la surface la culpabilité originelle du massacre des populations indigènes.


Le barrage de Jindabyne est utilisé comme symbole de cette culpabilité collective dont on n'arrive pas à se défaire et qui périodiquement, au rythme des crues et des décrues, fait réapparaître comme un fantôme la silhouette de l'ancienne ville enfouie par les eaux, du passé qu'on a essayé de cacher.


Comme dans le film d'Omar Amiralay, de vieux indigènes vivent au bord du lac et gardent la mémoire de ce qu'une supposée modernité est venue artificiellement recouvrir.





Publié dans Films

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