rababecchia, rababecchia!

Publié le par battuta

Le petit ange et moi étions assis dans la cuisine quand une voiture montée d’un haut-parleur passa dans la rue, crachant des mots pour moi inintelligibles. Je savais que le Für Elise annonçait les barbes à papa, mais là j'ignorais de quoi il s'agissait.

 

Elle s’arrêta de manger son biscuit pour écouter. Tu sais ce qu’il dit ?, me demanda-t-elle.

 

- Aucune idée, répondis-je.


- Frigos, téléviseurs, aspirateurs, meubles, nous reprenons tout ! En Egypte, ils crient rababecchia, rababecchia !, mais je n’ai jamais compris ce qu’ils voulaient dire.

 

Je réfléchis un moment avant de penser: aaah, je vois: roba vecchia, roba vecchia, c’est de l’italien, ça veut dire : choses usagées.

 

Le petit ange me dit que, dans le village de Halhoul, près de Hébron, d’où elle vient, se trouvent le plus grand marché aux puces et les plus futés receleurs de rababecchia de Palestine.

 

Faudra que j’aille y faire un tour. Pour leur refiler mon vieux frigo qui ce matin, je le crains, a poussé un grand soupir d'ultime fatigue, avant de s’éteindre dans un dernier tremblement de vieillesse. 

Publié dans Moyen-Orient

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christiane 16/10/2008 09:26

Cher Battuta, je vais essayer le "tu" mais c'est encore un peu étrange. Oui, je cherche avec votre ami Jalel et avec vous (toi) à comprendre cette perverse membrane de douleur qui sépare les peuples, les cultures. L'étranger, le différent inquiètent tant de mes contemporains, de mes voisins... alors qu'il me réjouit l'âme , les yeux et le coeur comme un cadeau du ciel. L'étrangeté en l'autre est ce qui me met en marche, me fait sortir de moi, de mes habitudes, des miens. Ce qui me place dans l'entre-deux, là où commence le don de l'autre, le don de soi. J'ai faim d'amitié, d'émerveillement, d'étonnement, de ravissement...
Toute guerre, tout sang versé, tout cri de douleur m'étreint. Toute prison me glace et des armes, je voudrais faire, tiens, une sculpture qui dirait une ronde de mains, une ronde demain.
Merci de ton -votre amitié. et de la beauté de votre site
christiane.
PS : pourriez-vous noircie un peu les signetures et les dates car c'est un peu difficile à decrypter.

christiane 13/10/2008 09:37

"Irak, où es-tu ?"
J'ai lu cela . Il y a la fleur de papillon de "Où étais-tu ?" mais il y a aussi les plaies vives des autres paroles. J'ai lu aussi l'histoire de Battuta. Que cherchait-il ? L'a-t-il trouvé ?
Et ce dernier texte si léger qui, derrière les choses usagées, cache la mélancolie de celles, oubliées, qui ont été entre des mains aimées et parfois disparues... Les choses se souviennent, il faut savoir les garder et les écouter. Parfois elles portent encore la présence indicible d'une affection vigilante.
Ce marchand ambulant doit avoir une remise murmurante quand vient le soir...
J'aime bien votre blog.

battuta 16/10/2008 08:43


Chère Christiane,
On peut aussi se tutoyer. J'ai travaillé d'arrache pied cette dernière semaine pour en savoir plus sur où en est l'Irak, et où en est-on avec l'Irak. J'écrirai deux-trois mots là-dessus
prochainement. Jalel et toi (vous) posez inlassablement la question de la recherche, celle qui nous fait avancer, à défaut de trouver, ou, quand nous trouvons, rester insatisfaits. Tu es la
bienvenue sur Battuta, n'hésite pas à lui écrire quand t'en vient l'envie. B


paola 08/10/2008 16:34

certo! e sarebbe molto bello e ci farà proprio un gran piacere. Così ce la contiamo su.
Ciao caro mi immagino tutto bene...

Paola 07/10/2008 16:03

che bello! come é piccolo il mondo, ma la robavecchia é roba vecchia dappertutto!
un caro saluto (anche al frigo!):-)

battuta 07/10/2008 16:27


ciao Paola, si davvero piccolo. A proposito, sa vedom a natal in tesin? Fai ben!