Mardi 6 mai 2008
Musée de l'immigration de Melbourne: combien de récits, de gravures, de reconstitutions de ces coquilles de noix qui traversaient les océans et les rugissants pour rejoindre l'Australie il y a un siècle à peine.

C'est un moindre mal, aujourd'hui, si la progression rapide du petit avion sur la carte du monde est interrompue par l'annonce du dîner, ou d'une vague turbulence.

par Hajj publié dans : Australie
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 24 avril 2008
Trois mois sont passés et l'arrivée sous la neige me paraît bien lointaine.

J'écrirais différemment aujourd'hui ces premières impressions, mais précisément, ce ne seront plus jamais les premières.

Bien des gens m'ont touché: Abdellatif, Mehdi, l'homme du restaurant, et je continue de poursuivre l'homme-clé.

Et puis, il y a les amis d'ici. C'est bête qu'on se mette pas plus ensemble pour créer quelque chose, il y aurait tellement à faire. Mais c'est là peut-être une des leçons de Palestine: les choses prennent forme un jour, attirent l'enthousiasme, motivent, et puis demain elles retombent dans l'anonymat.

Ces espoirs presque quotidiens, les idées, les projets, c'est ce qui fait tenir bien des choses ici, y compris nos vies d'étrangers dont le privilège est de toujours pouvoir partir.

Tout est dans l'éphèmère, qui ne veut dire ni léger, ni désespéré, mais comprend une dimension de rêve, de printemps, de vie, et de confiance en elle.

Partir, enfin, est une occasion pour se détacher de qui on aime, pour mieux se retrouver ensuite, avec des yeux et un coeur neufs, un désir renouvelé.
par Hajj publié dans : Moyen-Orient
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Lundi 21 avril 2008

Germaine Tillion est morte le 19 avril à cent ans.

 

C’était une femme extraordinaire. Ce que j’ai lu d’elle (le récit de sa survie dans un camp de concentration, Ravensbrück, égale celui de Primo Levi), et ce que j’ai lu sur elle (notamment une biographie de Jean Lacouture, La vie est un combat, ainsi qu’un excellent numéro de la revue Esprit), m’a beaucoup impressionné.

 

Ethnologue en Algérie, dans les années 30, elle a vécu seule dans la région des Aurès auprès du peuple berbère des Chaouïas. Il a fallu plus d’un demi-siècle avant qu’elle parvienne à rassembler les nombreuses notes rédigées durant ses séjours en un livre qui fait toujours référence : Le Harem et les cousins.

 

Entre temps, la Deuxième Guerre mondiale avait éclaté. Entrée en résistance, Germaine Tillion fut détenue en France, continua de travailler en prison sur sa thèse d’ethnologie, puis fut déportée à Ravensbrück.

 

Son récit sur la vie dans le camp est à couper le souffle. La solidarité, notamment féminine, les relations établies avec les autorités, l’économie de la survie : dans les détails, les moyens que l’humain développe pour résister en prison, sous l'occupation, face à l'Inhumain, face à la mort. Tout est là.

 

Et tout, malheureusement, continue d’être là.

 

A peine sortie des camps, nouveau séjour en Algérie dès 1954, au moment où une autre, infâme guerre commence. Là encore, peu de choses à reprocher à Germaine Tillion, toujours rangée du côté des justes.

 

Cent ans de combat contre l’impérialisme, le colonialisme, l’exploitation, la guerre, les gestapos et la torture. Cent ans pour la liberté et la justice.

 

Cent ans de solitude.

par Hajj
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Vendredi 18 avril 2008

Entre « guêpes » et « coccinelles », cette passion universelle de l’homme pour le bourdonnement des moteurs.

Cet après-midi, j’ai suivi le déplacement d’un essaim de vieilles VW vrombissantes.

Même ambiance qu’en cette après-midi passée en compagnie du
Vespa Club de Lucques il y a un an, à la différence qu’ici, un club de pilotes, c’est exclusivement masculin.

Ces dames n’avaient d’ailleurs pas l’air très impressionnées par le tour de piste des coccinelles devant le palais de la culture. Elles se rendaient à un concert de fine et douce musique, pas à une parade de vieilles carcasses.

La vaste étendue de goudron méritait pourtant bien quelques gommages de pneus et quelques pétarades.

Il a fallu bien quelques minutes pour organiser les rangs, aligner les véhicules, jeter un œil au moteur avarié d’une coccinelle rouge, appeler deux ou trois chébabs [« viens, on est tous là, il y a même la presse suédoise…euh... suisse ! »], pour enfin immortaliser la première sortie
du Ramallah Coccinelle Club.

Et maintenant ?

Ben rien, on rentre.

flt flt flt flt flt
früüüü früüüü
reuuuh
vereuuh
vrrrrrrrrr
vrrrrrrrrrrrrââââooouuuummmmmmm!!!!
par Hajj publié dans : Moyen-Orient
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus