Jeudi 6 mars 2008
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Le printemps est arrivé et il ne fait pas de doute que c’est la saison qui sied le mieux à la Palestine et à son âme.

 

L’été est par trop ennuyeux, voire artificiel, avec ses longues semaines de statu quo et de stabilité. Bien qu’habitués, les gens n’aiment ni le soleil ni la chaleur. En arabe, on ne dit pas « A la lumière… », mais « A l’ombre de ces événements… ». Parce que depuis le temps du Prophète, les conseils sont tenus, et les décisions majeures sont toujours prises à l’abri de la trop forte chaleur – et peut-être aussi de la trop grande clarté - du soleil.

 

L’automne est vêtu de kaki. Les remous de l’âme, les sanglots longs, les vastes plaines où tourbillonnent les feuilles mortes, les rangs de vignes bien alignés et au garde-à-vous pour la vendange, tout ceci est étranger à la vie locale. En Cisjordanie souvent, l’automne occupe les plus belles collines et s'y installe tristement et durablement, alors qu’en contrebas les autres saisons se succèdent, bon an mal an.

 

L’hiver, redouté, attaque toujours par surprise. Même si les bulletins météorologiques sont formels, l’ennemi a plus d’un tour dans son sac et la neige peut tomber à tout moment. Le redoux fait aussi partie du plan secret. Les retranchements ne sont pourtant pas prévus pour résister au froid. Une ou deux  incursions par année, cela ne justifie pas qu’on construise des maisons plus étanches. Au contraire, mieux vaut toujours être prêt à déguerpir, si vraiment l’hiver s’avère trop rude. 

 

Le printemps est la vraie, la seule saison. La racine [rabi', الربيعen arabe signifie à la fois le quart, LE quartier de l'année par excellence, le carré (de terre), mais aussi l'idée de séjourner provisoirement dans un endroit, d'établir un campement, et même de mettre ses jambes en tailleur. Curieusement, cette racine contient les mêmes trois lettres fondamentales contenues dans le mot [arabe] et [hébreu]. En d'autres termes, "arabe", "hébreu" et "printemps" forment dans la pensée sémitique un même anagramme, pour ne pas dire une même énigme.


Fragile et instable, toujours à se remettre en question, le printemps en appelle à la jouissance immédiate avant la transhumance. Au milieu des oliviers, les amandiers sont en fleur. Le moment d’aimer et de rêver aussi : à d’autres Printemps, d’autres Révolutions, toutes plus heureuses, toutes ailleurs.

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Dimanche 2 mars 2008

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Depuis deux jours c’est le couvre-feu. La vie au ralenti. Les cafés populaires sont comme des géodes : une enveloppe grise de crasse, la patine des âges, tous les pores sont bouchés ; mais derrière les portes fracassées, des joyaux. Parties de cartes, regards fixés sur les écrans : derniers bombardements à Gaza, derniers morts.

 

Samedi vers deux heures la vie s’est arrêtée. La consigne a traversé les rues comme une traînée de poudre : tout le monde, ou presque, à la maison. Les autres manifestent.

 

J’ai vu les reprises télévisées des manifestations de solidarité à Damas, dans le camp palestinien de Yarmouk où j’ai vécu pendant six mois. Alors aussi on manifestait. C’était le mois d’avril 2002 : Jénine. D’abord le siège, et puis la ville presque complètement rasée.

 

J’admire ceux qui continuent à y croire : qui pour des raisons égoïstes, qui par idéalisme, ils sont nombreux ceux qui gardent le sourire en coin : petit, on en a vu d’autres. Il y aurait une certaine philosophie à en tirer, je ne sais pas moi : croire au mouvement cyclique du temps. Il faudrait croire, car autrement comment supporter le sentiment de revivre un même scénario ?

 

Et d’entendre les mêmes, fines analyses : c’est toi qui a commencé ! non c’est toi.

 

A Ramallah, ce ne sont pas les bombardements quotidiens. Mais c’est la guerre quand même et on a de la peine à se le dire : je marchais dans les rues samedi vers deux heures et tout d’un coup elles se sont vidées. Ce sentiment de marcher tranquille dans une direction, dans le sens du courant, et de se retrouver soudain dans le sens contraire sans avoir senti le vent tourner.

 

Impressionnant comment une société entière, au niveau d’une ville, peut subitement se hérisser. Tous semblent former une même chair conglomérée autour d’une même épine dorsale : qui soudain frissonne. Moins, ou plus que par peur, par désarroi.

 

Ce matin au bureau, un message laissé par la personne qui s’occupe du nettoyage :

 

 

بسم الله الرحمن الرحيم

Au Nom de Dieu le Clément le Miséricordieux

 

Il manque du produit à vaisselle ;

Et des éponges.

 

  Au soir, un conteneur se consume sur la place du marché, vide.

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par Hajj Nicolas publié dans : Moyen-Orient
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Samedi 1 mars 2008
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par Hajj Nicolas
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Vendredi 29 février 2008

tsun.tun (*)

tsun.tun

tsun.tun

tsun-tun-tsun-tsun-tsun-tun-tsun

tm-tm-tm-tm-tm-tm

t.t.t.t.t.t.tm tm tm tm

tung tilu tilu tung tilu tilu

tung tilu tilu tung tilu tilu

bu.bu.bu.bu.

bum bum bum bum

iliveli.bum bum bum!

iliveli.bum.bum.bum!

bum bum bum bum

bu.bu.bu.bu.

tung tilu tilu tung tilu tilu

tung tilu tilu tung tilu tilu

tm-tm-tm-tm-tm-tm

t.t.t.t.t.t.tm tm tm tm

tsun-tsun-tun-tsun-tsun-tsun-tun-tsun

tsun.tun

tsun.tun


(*) Après  une soirée techno de l'autre côté du mur. 


schtzngrmm (*)

schtzngrmm
schtzngrmm
t-t-t-t
t-t-t-t
grrrmmmmm
t-t-t-t
s-c-h
tzngrmm
tzngrmm
tzngrmm
grrrmmmmm
schtzn
schtzn
t-t-t-t
t-t-t-t
schtzngrmm
schtzngrmm
tssssssssssssss
grrt
grrrrrt
grrrrrrrrrt
sct
scht
t-t-t-t-t-t-t-t-t-t
scht
tzngrmm
tzngrmm
t-t-t-t-t-t-t-t-t-t
scht
scht
scht
scht
scht
grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr
t-tt

(*) par Ernst Jandl, 1966

par Hajj Nicolas publié dans : Moyen-Orient communauté : La poésie qui chante
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