La qasdoura, c’est la passeggiata des Italiens, la promenade des Anglais, l’Abendspaziergang des Allemands, avec, dans la pratique un penchant marqué pour l’exemple italien.
L’heure de la qasdoura est celle du crépuscule, quand le soleil et la prière du soir se sont consommés et qu’une petite brise balaie la poussière du jour éteint. Le temps est à la promenade en compagnie d’un ami, d’un parent, des enfants, voire à un m’as-tu-vu, bras dessus, bras dessous, avec ma bien aimée.
Si j’évoque l’exemple italien c’est qu’on retrouve bien, à Ramallah, ces deux mains jointes derrière le dos et ce pas lent, ces envolées dans les discussions politiques, sportives, ou plus souvent encore dans les intrigues de quartier, conspirées ou attisées.
Cette main qui se sépare de l’autre pour diriger un orchestre de paroles assemblées dans l'air, ou pour saluer un ancien. Qui, descendant d'un front inquiet et glissant sur le coeur essoufflé, rejoint finalement l’autre, apposée sur le rein gauche, la paume offerte à d’autres vents.